L’hémodialyse quotidienne, une technique sous-utilisée malgré ses bénéfices hémodynamiques
DOI :
https://doi.org/10.25796/bdd.v8i3.87086Mots-clés :
hémodialyse à domicile, hémodialyse quotidienneRésumé
L'hémodialyse tri hebdomadaire conventionnelle entraîne des phases alternées de stress hémodynamique aigu pendant la séance (avec risque d’hypotension, d’ischémie) et de surcharge chronique entre les séances (favorisant HTA, œdème pulmonaire et hypertrophie ventriculaire gauche). Le risque est particulièrement élevé après le long intervalle interdialytique. Des études montrent une corrélation entre un taux d’ultrafiltration élevé et une surmortalité, suggérant qu’une dialyse plus longue ou plus fréquente — dite « intensive » — pourrait mieux protéger le cœur et les vaisseaux de ces patients.
Nous rapportons notre opinion, basée dur une analyse récente de la littérature, concernant les avantages de l'hémodialyse quotidienne.
L’HD intensive (quotidienne ou prolongée) améliore plusieurs paramètres :
- Hypertension artérielle : des méta-analyses et l’essai FHN démontrent une baisse significative de la pression artérielle et de l’hypertrophie ventriculaire gauche, avec une réduction du recours aux antihypertenseurs.
- Hypotension per-dialytique : les études (FHN, RECAP, Murashima) montrent une diminution de la fréquence des épisodes hypotensifs et une meilleure stabilité hémodynamique grâce à des variations volémiques plus faibles.
- Myocarde : l’HD conventionnelle est particulièrement associée au « stunning » myocardique, facteur de dysfonction ventriculaire et de mortalité. L’HD quotidienne réduit nettement ces anomalies contractiles.
- Récupération post-dialyse : la fatigue post-séance, fréquente et associée à une surmortalité, est fortement réduite par l’HD quotidienne (études LONDON et FREEDOM), améliorant qualité de vie et état psychologique.
Malgré ces bénéfices, les preuves restent limitées par le manque d’essais randomisés contrôlés sur des critères durs comme la mortalité.
L’HD quotidienne à domicile apparaît comme une option prometteuse, facilitée par de nouveaux dispositifs, bien qu’actuellement entravée par l’absence de possibilité de passage d’infirmier(e)s à domicile pour la ponction de la fistule artério-veineuse. Elle devrait néanmoins être davantage proposée, notamment chez les patients fragiles, avec HTA réfractaire, ou tolérant mal la dialyse classique.
INTRODUCTION
Il est connu que les patients dialysés sont à très haut risque cardiovasculaire (RCV). En effet, les facteurs de RCV classiques (âge, HTA, diabète...) sont une cause majeure de maladie rénale chronique (MRC) et donc d'arrivée en dialyse. D'autre part, la MRC en elle-même est maintenant reconnue comme un facteur de RCV élevé à part entière. Au niveau national, selon le registre REIN [1], presque deux tiers des patients dialysés sont âgés de 65 ans ou plus (65,7 %). Dans presque la moitié des cas (45 %), la cause de la MRC est l'hypertension, le diabète ou la maladie réno-vasculaire. La prévalence de la maladie coronarienne (env. 25 %), de l'insuffisance cardiaque (23,3 %), de l'artérite des membres inférieurs (23 %) et des AVC (12,8 %) est également particulièrement importante dans cette population.
En conséquence, les patients dialysés ont une morbi-mortalité cardio-vasculaire particulièrement élevée. Une étude du registre européen ERA-EDTA [2] montre que la mortalité CV dans la population dialysée est multipliée par 8.8 par rapport à la population générale. Des études plus anciennes avaient même montré un niveau de risque encore plus élevé (x10 à x20) [3].
Malgré cette fragilité cardio-vasculaire marquée, plus de 90% des patients dialysés en France bénéficient d'un procédé d'épuration discontinu : l'hémodialyse (HD) trihebdomadaire [1]. Pourtant, cette technique est marquée par l'alternance de deux phases de stress hémodynamique: une phase de stress aigu pendant la séance de dialyse elle-même, marquée par une réduction volémique liée à l'ultrafiltration, et des variations hydroélectrolytiques rapides (avec risque d'hypotension, lésions ischémiques d'organe, arythmie, etc...), et une phase de stress hémodynamique chronique, correspondant à la période interdialytique, marquée par un risque de surcharge hydrosodée, d 'hypertension, d'oedème pulmonaire, et d'hypertrophie ventriculaire gauche notamment [4]. Il est ainsi démontré dans l'étude de Foley [5] que la morbi-mortalité CV est significativement plus fréquente chez les patients dialysés à l'issue du plus long intervalle interdialytique (après les deux jours sans dialyse).
Il paraît donc théoriquement intéressant, afin de limiter le risque d'évènements cardio-vasculaires, de limiter les variations volémiques, et donc "d'étaler" l'ultrafiltration (UF) sur une période plus longue, en vue de normaliser le pool hydrosodé du patient. Cela est d'ailleurs plus proche du fonctionnement rénal physiologique, qui est continu. Plusieurs études montrent en effet une corrélation positive entre le taux d'ultrafiltration et la morbi-mortalité cardiovasculaire chez les patients hémodialysés [6][7]. Dans l'article de Flythe [6], le risque de mortalité toutes causes et d'origine cardio-vasculaire augmentait significativement à partir d'un taux d'UF >10 ml/kg/h. Dans celui de Raimann [7], un taux d'UF >760 ml/h était constamment associé à une surmortalité. Le taux d'UF « critique » apparait par ailleurs plus bas que dans l'étude de Flythe, aux alentours de 7 ml/kg/h chez les patients dont le poids sec est inférieur à 100 kg. Cette corrélation entre UF et mortalité était plus linéaire lorsque le taux d'UF horaire était rapporté à la surface corporelle du patient plutôt qu'à son poids sec.
L'HD dite « intensive », qui consiste en des séances plus longues ou plus fréquentes, pourrait apporter une solution à ce problème. Elle permet en effet, d'un point de vue conceptuel, d'effectuer des dialyses avec moins de fluctuations volémiques, et donc moins de stress CV.
A la lumière de la littérature récente, il nous semble que l'hémodialyse quotidienne reste sous-utilisée en dépit de ses bénéfices apparents.
BENEFICES
1. Bénéfices de l’HD « intensive » sur l’hypertension artérielle
L'HTA est une cause et une conséquence fréquentes de MRC, et elle persiste chez 50 à 90% des patients hémodialysés selon les études. Cette pathologie reste un facteur de risque majeur de morbi-mortalité CV dans cette population [8].
Les méta-analyses de Liu [9] et de Susantitaphong [10] qui compilent, pour la première, des résultats sur plus de 22000 patients, et sur plus de 900 pour la seconde, montrent que l’hémodialyse nocturne longue [9], et l’HD fréquente (>3x par semaine) ou longue (>4h par séance) [10] sont supérieures à l’HD conventionnelle (HDc, tri-hebdomadaire) pour le contrôle de l’HTA, avec une baisse significatives des chiffres de pression artérielle systolique (PAS) et diastolique (PAD), (faibles dans l’étude de Liu, et -14 et – 7 mmHg environ dans l’étude de Susantitaphong) et de l’hypertrophie ventriculaire gauche (HVG), alors même que les patients prennent moins de médicaments anti-hypertenseurs.
L’étude FHN (frequent hemodialysis network) [11], publiée en 2015, a analysé l’effet d’une hémodialyse intensive sur l’HTA. Les patients étaient randomisés dans un groupe HD 6 fois par semaine, ou dans un groupe HDc, avec deux sous-essais : l’un avec une dialyse « de jour » (« daily trial ») mené sur 245 patients, et l’autre en dialyse nocturne (« nocturnal trial ») avec 87 patients. Dès le 2e mois, les PAS et PAD baissaient significativement dans les groupes HD intensive, d’environ 7 et 4 mmHg en moyenne respectivement, par rapport à l’HDc. Cela était corrélé à une baisse significative du poids sec dans le groupe HD diurne. Ce bénéfice se maintenait pendant toute la durée de l’étude (un an), et le nombre de médicaments antihypertenseurs prescrits était aussi, faiblement mais significativement, plus faible chez les patients inclus dans le bras HD intensive. Il est à noter que la baisse des chiffres était particulièrement marquée chez les patients les plus hypertendus et les patients anuriques.
Ainsi, plusieurs études tendent à prouver que le contrôle de la pression artérielle est meilleur en HD intensive, notamment quotidienne (HDQ). En premier lieu, cela est lié au fait que le poids sec est plus facile à atteindre de façon progressive, lissé sur 5-6 jours par semaine au lieu de 3. On agit ainsi principalement sur la composante volémique de l'hypertension.
2. Bénéfices de l’HD « intensive » sur les épisodes d’hypotension artérielle per-dialytique
L'hypotension artérielle per-dialytique (hTApd) survient principalement lorsque le débit d'UF plasmatique est supérieur à celui du refilling plasmatique par le secteur interstitiel, d'autant plus qu'il y a un défaut de réponse hémodynamique adaptative [12] (du fait d'un appareil cardiocirculatoire pathologique, de la prise d'agents anti-hypertenseurs, notamment bloqueurs du système sympathique, ou d'une neuropathie végétative). L'hypovolémie peut également être aggravée par un transfert d'eau du secteur plasmatique vers le secteur intracellulaire lorsqu'il existe un important delta d'osmolarité (et notamment de concentration en sodium) entre le sang du patient et le dialysat [13].
Les conséquences peuvent en être cliniquement visibles (malaise, accident CV), ou, plus sournoises, peu ou pas perceptibles (souffrance d'organe silencieuse) [14].
La définition de l’hypotension artérielle per dialytique (hTApd) a évolué dans le temps, et n’est pas unanime dans les différentes études, ce qui gêne leur interprétation. Une revue des définitions de cette pathologie selon les KDIGO 2020 [15] est résumée Tableau I.
| Définition KDOQI 2005 | Autres définitions employées dans la littérature scientifique | Définition proposée KDIGO 2020 |
| Diminution de la PAS≥20 mm Hg ou de la PAM ≥10 mm Hg, | 1) Chute de la PAS accompagnée d’une intervention (administration de bolus de sérum salé, réduction de l’UF ou diminution du débit de la pompe sanguine) |
Toute diminution symptomatique de la PAS ou PAS minimale intradialytique < 90 mm Hg |
| symptomatique (crampes, céphalées, vomissements ou douleurs thoraciques) | 2) Chute de la PAS de 20, 30 ou 40 mm Hg | |
| ou nécessitant une intervention (réduction de l’UF /bolus de remplissage) | 3) PAS intradialytique atteignant un nadir défini (90, 95 ou 100 mm Hg) |
Flythe et al. ont publié un article à ce sujet en 2015 [16] : les données de 1409 patients de l’étude HEMO et de plus de 10,000 patients d’un centre de dialyse (cohorte « LDO ») ont permis d’étudier les associations entre différentes définitions de l’hTApd et la mortalité. Les patients étaient considérés comme présentant une hTApd s’ils répondaient à la définition correspondante, pendant au moins 30 % des séances de dialyse sur la période étudiée. En fonction de la définition employée, la fréquence de l’hTApd dans les deux cohortes allait d’environ 10% (avec la définition KDOQI : baisse de ≥ 20 mmHg de la PAS pré-dialytique avec symptômes) à 69% (avec la définition « Fall20 » : baisse de ≥ 20 mmHg de la PAS pré-dialytique sans symptômes, qui semble en effet peut-être trop sensible, puisqu’une diminution de la PA du patient qui arrive en surcharge est attendue pendant la séance de dialyse).
Au sein des sous-groupes de patients présentant une PAS prédialytique allant jusque 159 mmHg, la survenue d’une hTApd, définie comme un nadir <90 mmHg (fréquence de survenue : env. 10%) était la plus fortement associée à la mortalité à 1 an, avec un odds ratio (OR) significatif de 1.32. Dans le sous-groupe des patients présentant une PAS prédialytique ≥160 mmHg, le nadir <100 mmHg (fréquence de survenue : env. 20%) était quant à lui le plus fortement associé à la mortalité à 1 an (OR significatif à 1.29). Les définitions qui tenaient compte des symptômes, des interventions et de la variation de la PA pendant la dialyse n’étaient pas significativement associées à la mortalité.
Ainsi, la survenue d’une hTApd est fréquente, et de mauvais pronostic. Elle est par ailleurs également associée à un sur-risque CV [16], de perte de la fonction rénale résiduelle, de thrombose d’abord vasculaire [17], et à une moins bonne qualité de vie pour le patient [18].
L’étude FHN [11] s’est également intéressée à cette problématique. L’hTApd était définie comme la survenue d’au moins un épisode de symptômes d’hypotension amenant à une baisse de l’UF ou à l’administration de bolus de sérum salé. En employant une telle définition, l’hTApd était significativement moins fréquente dans les groupes HD quotidienne diurne (10.8% des séances), HD trihebdomadaire nocturne longue (9.5%) et HD quotidienne nocturne (3.1%) par rapport à l’HD trihebdomadaire diurne (13.6%) ; alors que, dans chaque sous-essai (Daily ou Nocturnal), les groupes «HD intensive » et « HD conventionnelle » étaient bien équilibrés concernant toutes les caractéristiques patients principales (âge, sexe, origine ethnique, comorbidités, ancienneté de dialyse, fonction rénale résiduelle, accès vasculaire).
L’étude de Murashima [19], rétrospective, a été menée chez 12 patients passés de l’HD trihebdomadaire à l’HDQ (âge médian 48 ans ; HTA 100%, diabète 33%). La PAS et la PAD étaient significativement plus stables en HDQ par rapport à l’HD conventionnelle, avec une variation moyenne pendant les séances de 10 mmHg vs 13.2 mmHg pour la PAS, et de 6.1 mmHg vs 7.7 mmHg pour la PAD. En prenant la définition KDOQI 2005, l’hTApd était également moins fréquente dans le groupe HDQ avec un OR significatif de 0.36.
Enfin, dans l’étude française RECAP [20], chez 94 patients passés en HDQ, la fréquence de l’hTApd, définie comme la survenue d’une hypotension <90 mmHg, passait de 14.3% à 2.7% des séances dès le premier trimestre, pour se stabiliser à environ 4±2% des séances au cours des deux années de suivi.
Ces études confirment bien le sentiment que l’hémodynamique serait plus stable en HD intensive, et notamment en HDQ, avec moins de survenue d’hTApd, probablement grâce à des variations volémiques moins importantes.
3. Bénéfices directs de l’HD « intensive » sur le myocarde
L’hémodialyse s’accompagne de troubles de la perfusion coronarienne, eux-mêmes responsables d’anomalies de la contractilité myocardique (« stunning ») et, à terme, d’une dysfonction ventriculaire gauche [21]. Cela est démontré par mesure du flux coronaire en TEP chez des patients hémodialysés, alors même qu’ils n’ont pas d’anomalies significatives en coronarographie [22][23].
Dans une étude menée chez 70 patients hémodialysés [21], la fréquence du stunning myocardique était très élevée : 64%. L’âge du patient, le volume d’UF, l’hTApd, et le taux de troponine étaient des facteurs de risque significatifs et indépendants de stunning. Ce dernier était associé à une surmortalité à 1 an, et à une moins bonne fonction ventriculaire gauche.
L’étude de Jefferies montre que l’HDQ est également bénéfique sur le phénomène de stunning myocardique [24] : 12 patients en HDc ont été comparés à 34 patients en HDQ (courte en centre : 12 p., diurne à domicile : 12p. et nocturne à domicile : 10p.) Les FEVG étaient similaires au départ dans les deux groupes. Les patients bénéficiaient d’une échographie cardiaque en prédialyse, 15 min avant la fin de la dialyse, et en post dialyse (15-30 min après). Les résultats sont présentés dans le Tableau II.
Les anomalies de la contractilité myocardique étaient constamment retrouvées et plus étendues en HD tri-hebdomadaire, et moins fréquentes et moins étendues en HDQ. La survenue du stunning, de l’hTApd, et la variabilité de la PAS, étaient positivement corrélée au taux d’UF, qui était plus faible avec les techniques quotidiennes de dialyse.
Ainsi, l’hémodialyse intensive, en réduisant les volumes d’ultrafiltration et les variations de la pression artérielle, semble limiter le stunning myocardique et préserver la fonction ventriculaire gauche, traduisant un bénéfice cardiovasculaire direct.
| Tech |
HD 3x/sem en centre |
HDQ courte en centre |
HDQ à domicile diurne |
HDQ à domicile nocturne |
| Durée moyenne séance (min) | 204 | 142 | 209 | 467 |
| UF moyenne (L) | 4,1 | 2,6 | 1 | 1,1 |
| % stunning | 100 % | 92 % | 75 % | 50 % |
| Nombre moy. De régions atteintes | 4,8 | 4,6 | 3,3 | 3 |
4. Bénéfices de l’HD « intensive » sur la récupération après dialyse
La fatigue post dialyse est très fréquente (>80% selon une étude américaine) [25], et constitue une préoccupation majeure des patients dialysés, parfois devant la crainte du décès [26]. D’après l’étude DOPPS [27], le délai de récupération rapporté par les patients est parfois très long (durée >7h chez 27% des patients), et cette fatigue est associée à un sur risque significatif de mortalité (1h de récupération 1 +5% de risque de mortalité) et d’hospitalisation (1h de récupération 1 +3% de risque d’hospitalisation), ainsi qu’à une moins bonne qualité de vie.
Dans l’étude prospective LONDON [28], on a comparé sur une période de 18 mois, le délai de récupération après dialyse, et la qualité de vie, à l’aide de questionnaires, chez 23 patients passés en HDQ vs 22 patients restés en HD conventionnelle. Les principaux résultats sont présentés dans la Figure 1.
Le temps de récupération baisse drastiquement chez les patients passés en technique quotidienne, et cela est visible dès le troisième mois dans cette étude, alors qu’il reste stable et relativement long chez les patients restés en HD conventionnelle. On retrouvait aussi des corrélations significatives entre le temps de récupération et la fatigue, le stress induit par la dialyse, et la qualité de vie.
L’étude FREEDOM [29] est un essai prospectif, multicentrique, mené chez 239 patients dialysés. On a étudié les bénéfices du passage en HDQ sur le temps de récupération post-dialyse (via un questionnaire : “ How long does it take you to recover from a dialysis session ? ”) et les symptômes dépressifs, évalués par l’échelle BDI (Beck Depression Inventory).
À un an, le temps de récupération avait significativement diminué, passant en moyenne d’environ 8 heures (476 min) à une heure (63 min), et la proportion de patients rapportant un délai de récupération <1h passait de 19% à 65% ! On observait également une diminution des symptômes dépressifs.
Figure 1.Evolution du temps de récupération post séance selon la technique de dialyse employée dans l’étude LONDON [28]
DISCUSSION
De nombreuses études semblent confirmer l’intuition selon laquelle l’hémodynamique serait plus stable et mieux contrôlée en HDQ, avec un meilleur contrôle de l’HTA, moins de survenue d’hTApd, moins de stress myocardique, et une meilleure tolérance globale et thymique. A la clé, la qualité de vie du patient semble améliorée.
Il apparaît par ailleurs également que le bilan phospho-calcique et la kaliémie sont mieux contrôlés avec les techniques quotidiennes [28][30][31]. Les techniques intensives seraient donc particulièrement intéressantes pour réduire le risque d'accident et de calcifications CV.
Cependant, nous avons à disposition peu d'études sur les bénéfices de l'HDQ en matière de critères durs comme la morbi-mortalité cardio-vasculaire ou la mortalité toutes causes. Plusieurs études montrent une réduction de la mortalité en HDQ par rapport à l'HDc, allant de 36% à 66%, mais celles-ci souffrent pour la plupart d'un manque d'ajustement sur des critères confondants [30].
L'étude de Weinhandl [30] est une étude de cohorte rétrospective, qui, quant à elle, est parvenue à comparer 1873 patients en HDQ à domicile avec 9365 patients dialysés 3 fois par semaine en centre, avec un appariement satisfaisant sur de nombreux critères d'intérêt (ancienneté de dialyse, caractéristiques démographiques, facteurs de risque et comorbidités cardiovasculaires). Il en ressort que ces patients représentent une population particulière au sein de leur centre de dialyse : plus jeune, plus susceptible d'être inscrite sur liste de greffe, souffrant moins d'insuffisance cardiaque, moins prompte à être hospitalisée, et dialysée depuis moins longtemps. Après un suivi moyen d'un peu moins de deux ans, on retrouvait une meilleure survie (HR 0,87, p=0,01) chez les patients bénéficiant d'une HDQ par rapport à ceux dialysés 3 fois par semaine en centre et ayant des caractéristiques similaires. L'explication sur cette différence de mortalité reste assez énigmatique dans cette étude, la cause du décès étant fréquemment inconnue. Ce bénéfice est surtout marqué au cours des 6 premiers mois de suivi ; ensuite, la différence de mortalité en intention de traiter n'est plus significative. A noter que près d'un quart des patients en HDQ abandonnent cette technique pendant la durée de l'étude… Ainsi, l'absence de données robustes, et les biais méthodologiques importants, font que le niveau de preuve scientifique du bénéfice de l'HDQ en matière de critères durs, reste faible. Un essai randomisé de longue durée entre HDQ et HD conventionnelle semble cependant difficilement envisageable : cela serait en effet susceptible de créer un conflit entre le choix de la technique d'épuration, fixé par l'étude, et la volonté propre du patient.
Ainsi, l’absence de données robustes, et les biais méthodologiques importants, font que le niveau de preuve scientifique du bénéfice de l’HDQ en matière de critères durs, reste faible. Un essai randomisé de longue durée entre HDQ et HD conventionnelle semble cependant difficilement envisageable : cela serait en effet susceptible de créer un conflit entre le choix de la technique d’épuration, fixé par l’étude, et la volonté propre du patient.
Les études référencées ici concernent plusieurs modalités d'HDQ, en particulier l'HDQ à faible débit de dialysat pratiquée à domicile et l'HDQ sur moniteurs conventionnels, à haut débit de dialysat, telle qu'elle est généralement pratiquée en centre. Les bénéfices observés pour l'une des modalités ne sont pas forcément transposables à l'autre.
En prenant en compte le fait que l’HDQ est conceptuellement plus physiologique et semble supérieure à l’hémodialyse tri-hebdomadaire en termes de tolérance hémodynamique, elle devrait être proposée systématiquement aux patients qui arrivent en dialyse lorsqu’on leur présente les différentes techniques possibles d’épuration extrarénale. Les patients devraient être informés de ces avantages, d’autant plus qu’il s’agit souvent de patients fragiles, âgés et prompts à la fatigue post-dialyse. Cela serait en accord avec l’obligation de leur délivrer une information claire, loyale et appropriée.
L’un des moyens pour concilier l’HDQ et la qualité de vie est de proposer une HDQ à domicile. De gros progrès en la matière ont été faits ces dernières années afin de réduire l’encombrement matériel et de s’affranchir d’une imposante station de traitement d’eau à domicile, notamment avec les systèmes S3® et NxSTAGE PureFlow SL®, commercialisés respectivement par les laboratoires PHYSIDIA et FRESENIUS.
L'impossibilité fréquente de faire intervenir un(e) infirmier(e) à domicile pour ponctionner la FAV à l'heure actuelle reste malheureusement un gros frein à l'essor de cette technique, alors qu'elle pourrait tout à fait être bénéfique aux patients les plus fragiles, non seulement d'un point de vue hémodynamique, mais également en leur évitant les transports itératifs vers un centre d'hémodialyse, temps qu'il faut considérer comme faisant partie intégrante de leur traitement par hémodialyse.
Il faut aussi proposer l'HD intensive, notamment l'HDQ, chez des patients déjà « installés » en HD trihebdomadaire, notamment s'ils présentent un mauvais contrôle tensionnel, une mauvaise tolérance hémodynamique, ou une importante fatigue post-dialyse.
Enfin, l'HDQ n'est pas sans risque : notamment, la fistule artério-veineuse est plus sollicitée et certaines études, comme celle de Weinhandl [30], alertent sur un sur risque infectieux potentiel. Le patient, son entourage, ainsi que les soignants, doivent donc être particulièrement bien éduqués en matière d'asepsie et de technique de ponction.
CONCLUSION
L’hémodialyse dite « intensive », notamment quotidienne, représente une alternative prometteuse à l’hémodialyse conventionnelle trihebdomadaire pour de nombreux patients. En permettant une épuration plus douce et plus physiologique, elle contribue à une meilleure stabilité hémodynamique, un contrôle tensionnel plus efficace, une diminution significative des épisodes d’hypotension per-dialytique, une réduction du stress myocardique et une amélioration notable du confort post-dialyse. Ces bénéfices sont particulièrement pertinents dans une population fragile, poly-pathologique et à très haut risque cardio-vasculaire.
Toutefois, malgré des résultats encourageants, le niveau de preuve reste encore limité, notamment en ce qui concerne les effets de l’HD intensive sur la morbi-mortalité à long terme. Il est donc nécessaire de promouvoir davantage d’études randomisées contrôlées pour confirmer ces données.
En attendant, une information claire et complète sur les différentes modalités de dialyse, y compris quotidienne, doit être systématiquement proposée aux patients, afin de favoriser une décision partagée et adaptée à leurs besoins cliniques et à leur mode de vie.
Enfin, le développement de l'hémodialyse quotidienne à domicile, facilité par l'innovation technologique, ouvre la voie à une individualisation plus poussée des traitements, en conciliant efficacité médicale et qualité de vie. Pour en tirer pleinement parti, des freins structurels et organisationnels, notamment l'accès aux soins infirmiers à domicile, devront être parfois encore levés.
Financement
Ce travail n'a bénéficié d'aucun financement.
Remerciements
Jacques Chanliau (ALTIR), Christian Verger (RDPLF), Cécile Couchoud (Agence Biomédecine), Michel Thomas (Physidia) et Murielle Chartier (Physidia).
Conflits d’intérêts
Le présent article avait fait l'objet d'une communication orale lors de l'évènement «Quels enjeux pour l'Hémodialyse à Domicile de Qualité (HDQ) ?» organisé par Physidia, à Lille, le jeudi 13 juin 2024.
ORCID iDs
Jean-Philippe Hammelin :0000-0002-1722-9042
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